L’absence des jeunes au culte dominical, un problème de culture ?

Le 21 mai prochain, la Journée de formation des responsables de la FREE traitera des « jeunes dans le vécu communautaire ». A cette occasion, Henri Bacher de Logoscom lance un débat.

Nos communautés se sabordent elles-mêmes ! Provocation ou constatation? Les deux à la fois! Dans nos milieux, nous avons longtemps observé comment les Eglises réformées se vidaient. Maintenant, c’est à notre tour de constater le même phénomène dans nos propres rangs. D’abord, c’étaient les jeunes qui filaient dans des communautés plus « chaudes » ou qui simplement se perdaient dans la nature, le lien familial n’étant plus suffisant pour les retenir dans le clan qui englobait souvent famille et Eglise. L’hémorragie ne s’est pas arrêtée aux moins de 25 ans, elle s’étend maintenant aux 30-40 ans. Ces jeunes adultes deviennent des intermittants du culte, s’ils se donnent encore la peine de ne pas laisser tomber définitivement la communauté.

Rupture du lien culturel

Pourquoi? Il y a à cela de nombreuses raisons, très différentes les unes des autres. Pour ma part, je n’aborderai que celles liées à la culture. Plus qu’un bouleversement des valeurs du christianisme ou un manque de sérieux dans la pratique spirituelle, il y a le fait que nous vivons un changement culturel fondamental. Nous passons d’une culture basée sur le livre à une culture de type oral, où l’écrit et le discours « scolaire » sont marginalisés.

Si les gens quittent nos Eglises (et ce ne sont pas toujours des jeunes), c’est en grande partie parce que la continuité du lien culturel n’est plus respectée. Je m’explique. On a compris depuis plusieurs décennies que dans les rencontres pour enfants, dans le cadre de l’Eglise, il fallait les occuper et les enseigner avec des images, des histoires, des films, des jeux bibliques. L’audiovisuel y est prépondérant. Arrivés à l’âge où ils rejoignent le circuit adulte, on les assoit sur une chaise, on leur demande de croiser les bras et on leur propose de penser Dieu au lieu de continuer à l’expérimenter avec leurs émotions, leurs mains et leurs pieds.

Dans le groupe de jeunes, c’est pareil. Prenez le récent week-end de jeunes à Echallens (Freestyle), organisé par la FREE. Le but était de « frustrer » au maximum les jeunes jusqu’à l’aube. Ils ont fait beaucoup de sport, ils ont été poussés dans leurs derniers retranchements. Ils ont dû apprendre à tenir et à juguler leur souffrance. Cette frustration a débouché sur un culte quelques heures plus tard, où, enfin, on leur expliquait le pourquoi de cet « entraînement » particulier. Dieu nous demande de « souffrir » pour lui, de tenir la route, même si c’est dur parfois et, à la fin, on recevra la couronne de la victoire. Je n’y étais pas, je ne fais que répéter maladroitement ce qu’un des responsables en disait. Pourtant ce que j’en retiens, c’est que ces jeunes qui vivent ce genre d’enseignement de la foi, ne vont pas se couler le reste de l’année dans un culte à écouter un message de haut vol intellectuel. C’est là qu’a lieu la rupture du lien culturel. Nos jeunes ne font plus l’effort de s’adapter à la culture des parents. Pourquoi le feraient-ils puisque dans d’autres communautés on « parle » leur langue? C’est un peu comme si on demandait aux parents de s’adapter à la culture du XIXe siècle et au style de culte qui se pratiquait à cette époque.

Un Evangile ancré dans la culture de la personne

Les parents et parfois des jeunes disent que les membres de la communauté doivent faire des efforts pour rester dans le même giron et essayer de ménager la chèvre et le chou. Ils voient une communauté idéale où tout le monde se supporte. Or la culture est liée à l’identité d’une personne. Si vous voulez détruire un peuple, détruisez sa culture ou empêchez-le de la pratiquer pleinement. C’est la stratégie de la Chine vis-à-vis d’un pays annexé comme le Tibet. J’irai encore plus loin. Si l’Evangile ne s’ancre pas dans la culture de la personne, il sera vite balayé. Les jeunes, lorsqu’ils viennent dans nos cultes classiques, endossent un habit spirituo-culturel qui n’est pas le leur, mais celui des parents. C’est une sorte d’habit de cérémonie qu’ils ne portent que pendant le culte. Le lien entre culture et foi est beaucoup plus fort qu’on ne le croit. Il faut accepter que chaque culture « colore » la foi à sa manière. Les premiers chrétiens de Jérusalem étaient fortement imprégnés par la culture et la spiritualité hébraïque. Les chrétiens d’Antioche, proches de la culture gréco-romaine, n’ont pas repris telles quelles les pratiques de Jérusalem. Il y a même eu des conflits entre les deux courants et de sacrées remises en question de la part des leaders de l’époque.

A vous de réagir !

J’ai bien sûr des propositions à faire, mais je voudrais vous laisser, à vous, le soin de les proposer dans ce blog. Qu’avez-vous entrepris dans votre communauté pour répondre à ces changements culturels d’aujourd’hui?

Henri Bacher

Secrétaire exécutif de l’association Logoscom

www.logoscom.org

18 Réponses à “L’absence des jeunes au culte dominical, un problème de culture ?”

  1. Etienne Moret dit :

    Première réaction que m’inspire ce blog: “Si nos églises sont principalement un phénomène culturel, nous pouvons tranquillement les laisser se saborder, elles sont sans intérêt.”
    Seconde réaction: “De quelle culture parle-ton? Y-a-t-il une culture commune à nos églises FREE? Y-a-t-il un culture commune à la jeunesse?”
    Troisième réaction: “Prenons garde de ne pas nous accrocher à des pratiques qui sont essentiellement culturelles. Il faut mettre en valeur ce qui transcende les cultures, même si c’est un exercice difficile.”

    A suivre…

  2. Path dit :

    Cher Henri,
    J’ai lu ton article avec beaucoup d’intérêts parce que j’ai observé nos communautés depuis plus de trente ans en France. J’ai vu des jeunes qui filaient comme tu as dit soient dans d’autres communautés chaudes ou dans la nature, beaucoup dans la nature en réalité. Il y avait trois années que j’ai participé au Symposium Théologique de l’IB Bienenberg. Un pasteur Allemand d’une grande église ADD a parlé de trois cultes dans son église :- le matin en trois pièces,- l’après midi sans cravate,- Le soir en Jean. Un pasteur khmer des USA a aussi parlé de ce courant aux USA. Les jeunes font le culte entre eux. Oui, ils sont nombreux là bas.
    Je me rappelle quand j’étais à Vevey. Aucun de mes amis ont voulu rester dans une église que des personnes âgées. pour moi c’était ofrt de voir des aînés fidèles comme modèles à suivre. Quand une personne âgée a présidé le culte, il y avait que des vieux cantiques ” Ailes de la Foi ” ou ” A Toi la gloire “. Un jeune que dans JEM , entre les deux mixtes 50/50 Etc.
    Je présiderai une soirée de la SUP ce soir. Nous prions beaucoup pour les autorités, les voisins etc. Moi je te dis de prier beaucoup pour les chrétiens dans nos communautés d’abord. Un pasteur d’une grande église de Mulhouse a dit : ” Ce n’est pas les musulmans qui sont trop forts et avancés. Mais parce que les chrétiens qui sont faibles actuellement. ” Ici, une soirée de la Semaine Universelle de prière, hier soir, pour une région comme Mulhouse, il y a eu d’une cinquantaine de personnes seulement qui y ont participé et ce n’étaient que de mêmes personnes. Nous avons la peine pour sortir les soirs les chrétiens du 21ème siècle et l’irrégularité au culte dominical. Je n’ai pas beaucoup de temps pour m’exprimer plus.
    PRIEZ ! PRIEZ ! PRIEZ !
    Fraternellement,
    Koeun

  3. Léchot dit :

    Plus fort que la culture, il y a la Foi, véritable, ancrée dans une relation personnelle avec Dieu, nourrie de Sa Parole, vivifiée par l’Esprit Saint. Les personnes qui vivent dans l’intimité de Dieu ne quittent pas l’Eglise même si celle qu’ils fréquentent ne répond pas à 100% à toutes leurs attentes. Ce qui n’empêche pas d’offrir quelques fois dans l’année : des cultes musique, jeunesse,… ainsi que des soirées orientées louange jeune, louange vintage,… A cela se rajoute des groupes de maison, des groupes de jeunes et autres activités adaptées à ceux qui les suivent.

  4. David Richir dit :

    En discutant avec un ami, il m’a livré quelques réactions que je trouvent très … stimulantes !
    Les voici en bloc :
    “”"
    Par rapport à la question “pourquoi les jeunes ont de la peine à s’intégrer à notre communauté ?”
    Ce n’est pas à eux ou à qui que ce soit de s’intégrer (je comprends le terme “intégrer” comme si on y était étranger et qu’on devait se naturaliser “Eglise locale” ou autre)
    Le culte devrait être un endroit où chacun-e a sa place, quelque soit son sexe, son âge, son passé et son présent.
    Cela signifie qu’on sait et qu’on s’attend à ce qu’il y ait des jeunes et des vieux et qu’on en tient compte; or, quand il y a 1 heure de Cène et de message, on n’en tient pas compte (l’attention max n’est que de 20 min pour une personne adulte en bonne santé !!!).

    En ce qui concerne les jeunes, on ne cesse de les envoyer dans des groupes dès leur plus jeûne âge et lorsqu’ils ont 16 ans, on s’étonne qu’ils n’aient pas envie de nous rejoindre ? Comment est-ce possible alors qu’ils ne connaissent pas ce qui s’y vit (ou s’y meurt pour certaines fois !)
    On parle des jeunes mais c’est la même chose pour les vieux dans une église de jeunes ou de jeunes dans une église de vieux.
    A mon avis, on doit travailler l’inter-générationnel et simplement vivre la présence de Dieu ENSEMBLE sans inventer un nouveau concept.

    Oser dire qu’on s’embête quelques fois quel que soit notre âge, et vivre notre vraie foi; la différence entre un jeune et un moins jeune, c’est que le jeune ose ne pas venir ou aller ailleurs !
    Mais s’il y vit et qu’il a sa place, il influencera tout naturellement la vie du culte, mais pour ça il faut qu’il soit là.

    Je ne remets pas en question le fait qu’il y ait des activités spécifiques pour jeunes, mais de là à ce qu’il n’y ait que ça, et qu’ils ne participent même pas à la louange et à la Cène ou à certains témoignages, annonces… cela fait bcp de “non présence” dans la vie communautaire.
    “”"”

    Stimulant, non ?

  5. Monique Roggo dit :

    Cela veut dire que nous adultes “vieux jeux” nous soyons prêts à relever le défi de ne plus venir au culte pour nous même mais pour l’autre. Si je vais, ou prépare mon culte pour l’autre, pour le jeune pour l’enfant, je sors de mes schémas de mes stéréotypes. Ouf, pas facile mais certainement plus riche car qu’elle joie de voir l’autre accueillir et vivre de ce qui lui est proposé.

  6. Hoehn David dit :

    Que faisons-nous concrètement pour rejoindre les jeunes et créer des liens avec eux? Nous intéressons-nous à leur programme? Mêlons-nous à eux pour vivre des choses en commun, hors cadre culte et réunions d’églises? Pourquoi ne pas s’engager en tant que “vieux” dans le groupe de jeunes pour un témoignage, une aide pratique, un message, du coaching, partenariat de prière, etc?
    Qui, dans l’église, fait le lien avec le groupe de jeunes pour que celui-ci ne se détache de l’église et devienne un groupe autonome? Plus, je travaille parmi les jeunes, plus je suis convaincu que les jeunes ont besoin des vieux pour grandir et les vieux ont besoin des jeunes!
    Encore une autre idée: Et si quelques “vieux”, engagés dans l’église, prenaient un ado sous leurs ailes pour l’intégrer, le former, l’accompagner?

  7. Henri Bacher (auteur de l'article) dit :

    Merci pour réactions et vos suggestions. Dans notre échange, je pense que ce qui fait problème, c’est la méconnaissance de la notion de culture. Il ne s’agit plus de jeunes et de vieux, il s’agit de personnes qui se rencontrent et qui ont des cultures différentes. C’est quoi une culture? C’est simplement les outils intellectuels, émotionnels pour comprendre et véhiculer un message. Lorsqu’on envoie un missionnaire dans une tribu dans l’hémisphère sud, on lui demande de s’imprégner d’abord de la culture et d’apprendre la langue avant de faire quoi que ce soit. Aujourd’hui en Europe nous sommes dans la même situation. Nos pasteurs sont des “missionnaires” à qui il faut dire: comprends la culture de ton auditeur. Or, dans nos auditeurs du dimanche matin nous avons en face de nous des gens qui viennent de cultures occidentales différentes, composées chacune de jeunes et de vieux. J’ai l’impression que dans nos cultes on est comme des missionnaires en Afrique dans le temps, qui veulent absolument rassembler tous les gens autour de l’harmonium à pédales, alors que les gens ont l’habitude de faire du tam-tam. Ou bien on organise des cultes avec harmonium, tam-tam, danse et période ou l’on s’assoit comme dans une école occidentale de l’ancien temps. Le malaise vient de ce que culturellement on ne se sent pas bien. De plus, les outils intellectuels pour comprendre le message ne sont plus les mêmes que par le passé et ne sont pas enseignés dans noe écoles bibliques et autres académies. On arrive dans le syndrome de la Tour de Babel dans nos églises. Le chant, c’est ce qui divise le plus actuellement nos communautés. Ce n’est plus un outil fédérateur (à moins de rester dans sa tribu musicale), c’est une forme d’expression qui divise plus qu’il ne rassemble. Faut-il donc continuer à chanter? Est-ce fondamental pour le culte? Je ne réponds, ni par oui, ni par non, mais il me semble que dans l’évangile, on ne voit jamais Jésus chanter avec ses disciples. Mais, par contre ils mangent ensemble! Et le Christ ne nous a pas laissé un chant pour se rappeler de son action sur terre, mais il nous a laissé la St Cène, un repas. Je pense que le repas est plus fédérateur que les chants et autres activités culturelles. Pourquoi, ne pas transformer le culte en repas et vivre le culte au travers d’un repas pris ensemble. Je l’ai expérimenté en petit groupe à titre d’expérience. La Cène on l’a prise avec le pain et le vin du repas. Un bon repas, personne ne crache dessus, ni les vieux, ni les jeunes, ni les noirs, ni les jaunes et se rassembler autour d’un repas est plus biblique que participer à un concert de louanges! Dans la Bible, la plupart des grandes affirmations théologiques se sont faites autour d’un repas et non dans une salle de classe ou dans une salle de concert.

  8. Henri Bacher (auteur de l'article) dit :

    Juste une petite rectification: pendant la St Cène, Jésus a chanté avec les disciples les chants traditionnels liés au rituel de Pâques (Matthieu 26:30)

  9. Damaris Delessert dit :

    Ces commentaires me semblent tous faits par des adultes… où sont d’ailleurs ceux des jeunes, des ados (en langage sms) ? Lisent-ils seulement ce blog ? Question tout aussi provocatrice que celle d’Henri.

    Réactions au message d’Etienne Moret :
    Je suis entièrement d’accord avec ces remarques. D’ailleurs le texte d’Henri ne dit pas, d’après ma compréhension, que les églises soient un “phénomène culturel”. Il ne suggère pas non plus des “pratiques essentiellement culturelles”…
    Ce qu’on recherche, qu’on construit, et qu’on veut transmettre reste bien au delà de la culture, on est d’accord. Mais notre manière d’en parler, de le vivre, de nous retrouver, de le partager, de le communiquer aux autres sera toujours culturelle, qu’on le veuille ou non.
    Mais il y a microculture et macroculture. Les églises de la Free, toutes différentes soient-elles avec chacune sa propre culture, restent ancrées dans une culture plus grande qui les teintent. Il suffit de quelques détours sur la planète ou même beaucoup plus près pour s’en rendre compte…
    Un prédicateur disait : “l’église est la stratégie de Dieu pour gagner le monde” (traduit de l’anglais).
    Le but premier d’une église, selon ma compréhension, n’est pas de satisfaire ceux qui s’y trouvent, mais de toucher et rejoindre ceux qui n’y sont pas. C’est dans leur langue, leur culture qu’ils comprendront le message. C’est dans leur langue et leur culture qu’ils le communiqueront ensuite plus loin.
    La question est donc : qui voulons-nous inviter, à qui (quel groupe, quelle population) voulons-nous transmettre l’évangile en tant qu’église locale ? Et quelles sont leur manière de communiquer, de partager et de se retrouver ?

  10. Josymay dit :

    Votre article dans cet espace de discussion nécessite quelques précisions. Vous avez choisi de centrer votre discours sur les raisons « liées à la culture […] un changement culturel fondamental ». Pour faire avancer un tel débat, il est important, dans un premier temps, de

    • définir ce que vous entendez par « culture »
    • expliciter ce que vous entendez par « un message de haut vol intellectuel » qui marquerait la rupture du lien culturel
    • expliciter la phrase « nous passons d’une culture basée sur le livre à une culture de type oral, où l’écrit et le discours « scolaire » sont marginalisés ». La mise sur le marché des tablettes électroniques ne donne-t-elle pas un accès important à l’écrit, tout comme Internet

    Vous avez déjà écrit (cf. site « En route », 2009) « Des intermittents du culte », texte dans lequel vous affirmez déjà que « La culture du livre était en fait une monoculture où les émotions étaient bridées, laissant libre cours à la froideur intellectuelle. Aujourd’hui, les émotions se redécouvrent et l’analyse, la réflexion intello sont à la traîne ». N’est-ce pas de l’« inculture » que d’écrire cela et même du mépris pour ce qui est intellectuel ? Selon vous, « les émotions se redécouvrent… » ; est-ce bien nouveau ? Mais, sur ce thème, Jacques Poujol (psychothérapeute et pasteur) émet des réflexions (hé, oui !) qui ne sont de loin pas à la traîne…

    Je comprends donc mieux pourquoi vos Eglises se vident… Aussi, avant de demander à vos lecteurs, à la fin de votre article, ce qui est entrepris dans leurs communautés pour répondre à ces changements culturels aujourd’hui, il serait peut-être pertinent de poser la question « qu’avez vous compris du phénomène d’abstention au culte dominical des jeunes et des adultes ? ». Vaste programme à mener avant d’avancer des propositions.

  11. Claude Bally dit :

    Suite au culte œcuménique de ce dimanche, si nous osions venir chacun s au culte avec nos pauvretés personnel pour rencontrer le Dieu trinitaire.
    Rencontrer Dieu avec notre pratique spirituel (notre piété)qui s inscrit dans notre vécu,(notre culture) en étant ouvert à l ‘autre pour s enrichir(donc évolutive).Pauvre aussi parce que loin du coeur de mon frère ou ma soeur mais prêt de lui ou elle en Jésus -Christ.Dieu se vit dans nos limites personnel et aussi dans l’exprésion de nos cultures qui paraissent parfois sans limites et aussi sans racines. Paul a encourager des églises ou il y avait des gens de culture hébraïque et helléniste a vivre ensemble le message libérateur de la bonne nouvelle.

  12. Yann dit :

    J’aimerais en premier lieu répondre au prémisse apporté dans l’article qui dit, je cite:
    “Plus qu’un bouleversement des valeurs du christianisme ou un manque de sérieux dans la pratique spirituelle, il y a le fait que nous vivons un changement culturel fondamental.”

    Au contraire je pense que le fait que certains jeunes dédaignent l’église est principalement dû au manque de sérieux dans la pratique spirituelle. Combien parmi mes amis chrétiens se laissent aller à des compromis dans leurs vies, combien acceptent de faire une petite entorse au commandements bibliques, combien sont-ils même à remettre en questions certains principes bibliques. Ils sont nombreux, et c’est bien ça le problème. Il est dit que celui qui aime le monde ne peut pas aimer Dieu, or beaucoup de jeunes aiment trop le monde. Par monde, j’entends les idées d’égoïsme, d’égocentrisme, d’humanisme apportées par le monde, et non par exemple le fait de sortir en boîte, d’aller boire un verre avec des amis, ce que j’ai beaucoup de plaisir à faire régulièrement. On peut très bien vivre dans ce monde, dans cette culture, mais il est important de ne pas oublier de laisser à Dieu la première place, et c’est là ou le bât blesse, car beaucoup de jeunes chrétiens oublient de mettre Dieu en premier.
    En conclusion je pense vraiment que le problème actuel est l’attachement à Dieu, un réel amour sincère pour le Seigneur plutôt qu’un problème de “différentes cultures” ou d’incompréhensions entre jeunes et vieux. Plutôt que d’essayer de résoudre ces hypothétiques problèmes réapprenons mettre réellement Dieu au centre jeunes ou vieux, et que les plus âgés puissent montrer cet exemple au jeunes et le leur apprendre ce qui se fait de moins en moins malheureusement. Tous réunis autour de Dieu bien des problèmes et différends dans nos églises disparaîtrons.

    ps: Je suis jeune et je n’ai pas besoin d’écrire en langage sms pour l’être, Mme Delessert ;)

  13. Georges dit :

    Au-delà d’une analyses culturaliste (qui tend parfois à tout réduire à la culture, ce concept fourre-tout qui mène trop souvent à l’explication tautologique), on pourrait multiplier les effets que la forme cultuelle provoque sur la participation des jeunes aux cultes et s’instituer en véritable manager de l’église à l’instar des fondateurs d’une des première Mégachurch (WCCC) qui, en recourant à une enquête par questionnaire (du style étude de marché), n’eurent pas de peines à faire salle comble. On pourrait, par exemple, émettre l’hypothèse selon laquelle le fait d’être assis, face au pasteur, plongé dans une relation de face-à-face asymétrique (le pasteur disposant du monopole de la parole légitime, les autres l’écoutant passivement), renvoie à tout un ensemble de représentations implicites qui évoque l’école à savoir un lieu dont la connotation reflète une série d’expériences parfois dévalorisantes et confinées dans un espace biographique de l’antériorité (et par suite, d’infériorité) c’est-à-dire celui de l’enfance/adolescence (en témoigne l’expression “on est plus à l’école ici” que reçoivent les apprentis).
    Cependant, à s’attarder à de telle analyse – qui par ailleurs exigerait une attention plus fine que ce qui a été proposé ici -, on risquerait de passer à côté d’un élément dont il faut se prévenir durant ce débat et que Jacques Ellul énonce en ces termes :
    « Je pense qu’un autre facteur de déformation a été le succès même du christianisme. […] À la fin du IIIe siècle, le christianisme était devenu à la mode. Mais alors, ceci supposait un mouvement de mise à jour dans le christianisme, il fallait apporter des réponses à tout, et en effet la théologie au lieu de se cantonner à l’explicitation de la Révélation commence à s’intéresser à toutes les questions et à philosopher. […] Ils ont eu dès lors assez vite le désir du succès. […] . Mais puisqu’un nombre croissant d’hommes et de femmes venaient à eux, comment ne pas attribuer cette réussite à la volonté de Dieu, et comment ne pas se sentir appelé dès lors à profiter de ce succès. […] Il ne s’agissait plus de la conversion un par un, des ecclésioles de maison, c’étaient de grandes assemblées qui se réunissaient. Comment résister à l’envie de faire de l’« évangélisation de masse » en n’étant plus très regardant sur l’authenticité de la foi des convertis. On baptisait en masse. […] Quand on eut affaire à des masses si nombreuses, il devint impossible de contrôler la vérité de chacun, et le processus s’inversa : on entrait dans l’Eglise, et c’était là que l’on recevait une instruction religieuse qui allait garantir le sérieux de la foi. L’entrée dans l’Église serait suivie du cheminement spirituel et de l’accession à la connaissance. . Il fallait jeter le filet, pour ramener tout ce que l’on pouvait. […] N’était-il pas aussi simple de faire entrer tout le monde, et ensuite d’éduquer ? »
    Jacques ELLUL, La subversion du christianisme, pp. 46, 50-51

    Pour paraphraser et forcer le ton de la provocation, est-ce la croyance commune qui unit les individus en une communauté de croyance, ou la somme des intérêts individuels invités à jouir d’un cadre familier, quitte à convertir chacun d’eux a posteriori (au mieux) ou leur éviter l’égarement (au pire). En fait, on peut se demander s’il ne faudrait pas inverser la question : pourquoi l’église ne va-t-elle plus chez les jeunes ? Le succès d’une église se mesure-t-il au nombre ? Peut-on parler de succès pour une église ? N’y a-t-il pas derrière cette remise en question la crainte d’être minoritaire ? Voilà quelques-unes des questions qui, il me semble, méritent réflexion.

  14. Jean-René Moret dit :

    Commençons par les présentations, je suis un “plus tout à fait jeune” de 25 ans. Je dois dire, en introduction, que de mon expérience les vrais jeunes (jusqu’à 20-23 ans) sont plutôt fidèles au culte et même en “font tourner” une bonne partie. Quant à la tranche d’âge suivante, qui elle se distancie, je n’y ai trouvé personne qui regrette les bricolages ou les vidéos de l’école du dimanche, et j’ai entendu autant de plainte sur la vacuité et le manque de profondeur des messages de nos cultes, que sur leur nature trop traditionnelle ou trop intellectuelle.

    Je crois qu’avant de se demander “pourquoi les jeunes ne viennent-ils plus au culte”, nous devrions d’abord savoir pourquoi ils devraient y venir et en quoi nos cultes sont importants. En caricaturant, j’ai parfois l’impression qu’on estime important qu’il y ait un culte parce que ça définit une église, et que l’église cherche à le maintenir à flot pour sa propre survie. Bref, que le culte est une obligation que l’on s’impose mutuellement.

    Nos milieux évangéliques ont une forte tendance à l’individualisme, à mettre l’accent sur la conversion personnelle, la foi personnelle, renforcée par le ressenti personnel. Pourquoi venir au culte dans ce cadre? Je vois deux réponses, qui sont les deux mauvaises: le légalisme et le consumérisme. Dans le légalisme, on vient au culte parce que c’est censé faire partie de ce qu’un chrétien doit faire, et comme le choix n’est pas proposé il n’y a pas besoin de se poser plus de question.
    Dans le consumérisme, on viendrait au culte parce que ça nous “apporterait” plus que d’autres activités, et donc pour améliorer l’assiduité au culte, il faudrait améliorer la qualité de l’offre et son adéquation au public cible. Deux problèmes avec cela : d’une part, le consumérisme ne favorise pas l’ancrage dans une communauté précise ni l’engagement, et ne peut créer que des chrétiens immatures et capricieux. D’autre part, à venir sur ce terrain-là, nos cultes ont perdu d’avance. Je m’explique: Pour ce qui est de la musique, on en trouve de la meilleure sur des CD de qualité professionnelle, pour les messages les livres et le Web fournissent à volonté du contenu bien plus travaillé que la prédication moyenne de nos églises. Quant à l’aspect social, qui est souvent le dernier à retenir les gens qui pensent à s’en aller, au final on peut avoir des discussions plus intéressantes en invitant quelques amis chrétiens à aller boire une bière, et sans avoir à subir le culte avant.
    En plus si c’est une question de “qualité” des “prestations”, je m’excuse de le dire, mais il n’y a rien de pire que des “vieux” qui essaient de “faire jeune”.

    En bref, si l’église essaie de garder ses ouailles pour se rassurer sur sa propre pérennité en leur insufflant une subtile culpabilité ou en prétendant leur offrir des prestations attractives, les jeunes et moins jeunes ont simplement raison de “mettre les voiles”.

    Face à tout cela, je crois que c’est au niveau de notre vision de l’église qu’il y a du travail à faire. D’abord, nous rappeler que l’église ne vit pas pour elle-même, pour assurer sa propre survie ou pour le confort spirituel de ses membres. Elle vit pour une mission: vivre, enseigner et faire connaître l’Évangile de Jésus-Christ. Cette mission est la seule chose qui justifie l’existence de l’église, et l’Évangile est la seule chose où le monde ne puisse pas offrir mieux que l’église. Croyons nous suffisamment à la valeur de notre message pour penser que le vivre vraiment est notre meilleur argument pour garder et attirer les personnes? Ou même, y croyons nous suffisamment pour préférer être fidèle avec un petit nombre, que nombreux avec un évangile au second plan, si telle devait être l’alternative?

    Et d’ailleurs, lorsque nous observions les églises réformées se vider, est-ce que nous nous vantions de nos formes culturelles plus adaptées, ou bien attribuions-nous notre succès à notre fidélité à Jésus-Christ?

    Deuxièmement, il nous faut nous rappeler que la vie communautaire fait partie de la foi et de la manière dont nous en témoignons. Dieu a voulu se constituer un peuple et un corps, pas seulement sauver une sélection d’individus, qui une fois sauvés se structureraient selon leur affinités et leurs goûts.

    M.Bacher relève avec raison que diverses cultures étaient présentes dans l’église des premiers temps, mais tout le combat des apôtres a été de les garder en une église, et ce qui les garde unie n’est pas une savante acclimatation culturelle mais le message de l’Évangile. Et cette union en Christ fait partie du message de l’évangile et de sa manifestation. Voyons Paul parlant du mystère révélé à l’église:

    “En les lisant, vous pouvez comprendre l’intelligence que j’ai du mystère du Christ (…): les païens ont un même héritage, forment un même corps et participent à la même promesse (que les juifs) en Christ-Jésus par l’Évangile” Ephésiens 3.4,6

    L’église formée de gens de tout peuple, de toute langue, de toute culture, sert d’annonce et de témoignage au fait que toutes choses vont être réunies sous l’autorité du Christ, et c’est l’amour et l’unité au sein de l’église qui doit convaincre le monde que Jésus est vraiment le Fils de Dieu.
    Ainsi, la capacité de vivre notre foi ensemble est un témoignage à la réalité du message qui nous unit.

    Une foi ces rappels fait, on peut effectivement se poser la question de la manière dont nous communiquons l’évangile pour savoir si elle nous permet d’atteindre nos contemporains que nous visons, et nous demander si nos formes cultuelles expriment la réalité de l’église telle qu’elle est, mais gardons nous de nous concentrer sur la forme en oubliant le message.
    Avec une dernière mise en garde: nous pouvons utiliser des moyens audio-visuels pour communiquer avec notre époque, mais il ne faut pas oublier que Dieu a choisi de communiquer par une parole intelligible, c’est une communication de Personne(s) à personnes ayant un contenu, notre annonce doit garder un sens objectif et ne pas se limiter à des émotions suscitée par l’image ou la musique.

    Pour résumer, l’Évangile doit être au coeur de la vie de nos églises et c’est lui qui demande, justifie et rend possible la vie communautaire interculturelle au sein de nos églises.

    On pourrait encore se demander si le culte sous forme de rencontre plénière hebdomadaire est la meilleure façon de mettre en pratique la vie communautaire découlant de l’Évangile, et il y a bien des questions que l’on peut se poser sur notre vie d’église, mais sur la base de ce qu’est l’église et de ce que Dieu a fait, d’après les écritures.

  15. Claude Bordigoni dit :

    C’est un débat passionnant et passionné ! Il remet en question “l’Eglise” et sa forme.
    Ce qui m’interpelle, depuis quelques temps déjà, c’est qu’ Eglise est devenue synonyme de culte. Or il me semble que ce ne devrait surtout pas être le cas. Si notre vie d’Eglise se résume à un culte dominical, on est mal barré !
    A tout vouloir mettre notre vie spirituelle et ecclésiale dans 1h30 hebdomadaire, on n’arrivera jamais à “satisfaire” à tous les besoins.
    Aujourd’hui, “l’Eglise” est devenue un club de copains et si on a pas le bon code, on entre pas dans le club.
    Si l’on fait un petit retour sur la vie de Jésus, on le voit dans toutes sortes de situations de la vie courrante oeuvrant, guérissant, relevant, encourageant. Dans le temple ? Non. Il était là où étaient les besoins de ses concitoyens.
    Aujourd’hui, l’Eglise c’est un bâtiment et un culte du dimanche et il faut y faire entrer tout le monde et toutes les activités et toutes les tranches d’âge et toutes les cultures et toutes les sensibilités spirituelles. Peut être faut-il bien mélanger le tout pour obtenir “le culte parfait” qui ne répond juste à plus rien…
    Ou bien l’Eglise aurait-elle à sortir de ces 4 mûrs et se dégager des chapes sous-lesquelles elle s’est enfouie ?
    Rejoindre les besoins qui sont autour d’elle ?
    S’occuper de ceux qui sont dans le besoin ?
    Se centrer sur sa mission, à décliner dans nos contextes culturels, Non pas en adaptant le message, mais la forme, en transformant le message en actes concrets. (c’est excellent que de prier pour les pauvres à l’autre bout de la terre. Mais offrez un repas, sans parler d’évangile, à des démunis autour de vous, c’est encore une autre dimension…)
    Si nous avons un impact dans nos milieux respctifs, alors la motivation pour une réalité “Eglise” va changer. Car ce mot pourrait devenir progressivement une autre réalité qu’un culte, un bâtiment et 1h30 terrible par semaine.
    “Eglise” pourrait devenir un corps vivant toute la semaine.
    Le groupe de jeunes pourrait, à sa manière, trouver à rejoindre des besoins auprès de ceux de leur culture.

    Alors, peut-être, ensemble, ou pas, nous pourrons nous réjouir de ce que l’Eglise retrouve une pertinence dans notre société. Alors l’Eglise pourrait à nouveau avoir un sens qui ne serait plus le sens unique et réducteur de juste vouloir garder nos jeunes sur nos bancs.

    Une dernière question un brin provocatrice, j’en conviens : Une Eglise qui ne sert à rien, elle sert à quoi ?

    /Claude

  16. Daniel Emery dit :

    “Tout le monde se supporte”. Voilà une phrase de l’article de base bien pessimiste. “Aimez-vous les uns les autres”. Voilà une phase plus positive. Marié j’ai été enrichi par la culture de ma femme étrangère. “Supporter” est stérile. “S’enrichir” est productif. Vive les cultes multi-culturels, vive les cultes multi-générationnels. Nos coeurs et notre équipement audio-visuel sont prêts. Pourquoi n’y a-t’il que si peu de clips et de raps dans nos cultes ? Peut-être à cause de l’esprit tribal mono-culture de certains jeunes qui ne vont même pas faire “l’effort” de partager leur culture avec nous ?
    Dani, qui aime la musique classique, son iPhone et Facebook

  17. Alexandre Juvet dit :

    Merci pour votre excellent commentaire concernant la culture. Je rejoint vos remarques et profite pour ajouter qu’il est grand temps de regarder à la mission pour permettre aux églises de ne pas faillir à la leur dans le transfert générationnel de la foi.
    Le concept d’indigénisation cher aux missiologues serait fort aidant pour repensé toute une ecclésiologie “culturelle” qui pert le recul necessaire à travaillé à sa pertinence pour le monde environnant.
    En somme, mon constat est le suivant. Dans notre culture indvidualiste nous attendons de l’évangile qu’il transforme la personne… mais pas nos structures ecclesiale issu d’un modernisme devenu anachronique en postmodernité.
    A mon avis, l’un des grand chantier de l’Eglise est de constitué à nouveau des communauté, là ou il n’y en plus (en cela la défection des génération X et Y est simplement correlée à l’effritement du communautraire en général)… c’est à dire en SOCIETE …et non en EGLISE !
    Ainsi elle garderai son caractère prophétique, de rempart contre l’ère du temp présent.
    D’autre part, le second chantier que je vois pour l’Eglise d’aujourd’hui, c’est une réelle transmission des charges ministérielles à tout le corp (et/ou de l’itinérance des ministère de “formateur”). Il faudrait notamment enseigner les charges des générations, les unes envers les autres, au sein du peuple chrétien (peuple du souvenir des hauts faits de Dieu, tel que fut le cas pour l’olivier qui nous porte) et, responsabilité des membres chrétien d’une génération à l’égard de leurs congénère non chrétien de la même génération (axe missionnel).
    Sans ce double mouvement de responsabilisation et d’envoi, l’Eglise se sclérose effectivement.
    Mais laissera-t-on l’évangile parler aux collectifs (plutôt qu’au particulier) et remettre en cause quelques fondamentales tel le cléricalisme, l’intitutionalisme, etc. ?
    Tenter d’enseigner cela serait au moins le premier signe de la volonté de trouvé des solutions…

  18. Daniel Emery dit :

    Structure éclésiale temporelle .. et atemporelle.
    Atemporelle: cf. analogie du corps, de l’édifice (Paul).
    Il faut un plancher des murs, un toit (générations ?) le tout bien coordonné, Temporelle: maison en bois, en paille, en béton, qu’importe! Mais surtout maison habitée par un esprit d’amour et d’estime réciproque. A quoi le “monde” verra-t-il que l’on est chrétien ?… à notre amour les uns pour les autres dans nos murs … et en dehors.
    Dani, qui aime ce que la Bible dit aux Eglises

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