Choqué, fâché et triste ! Thierry Juvet réagit à l’interview de Manfred Engeli

(16.10.2012) Le pasteur Thierry Juvet, conseiller en relation d’aide, réagit à l’interview que Manfred Engeli a donné à Vivre et à lafree.ch à l’occasion de la sortie de son livre : Les offres de Dieu.

Choqué : « J’ai observé que la relation d’aide francophone s’est développée progressivement loin de la Bible ». Sur quelles études Manfred Engeli construit-il un tel jugement ? Quel discrédit pour tous les centres de relation d’aide ! Quelle confusion pour toutes les personnes qui y trouvent écoute, prière, aide et progression dans leur vie chrétienne ! C’est ignorer tout le travail biblique, théologique, spirituel que font, depuis plus de 25 ans, les praticiens de la relation d’aide chrétienne.

Je connais un peu la pratique de Manfred, j’ai été supervisé par lui. J’admire son engagement et sa foi. Je connais peu de personnes aussi compétentes que lui en psychothérapie et j’ai vu son respect des autres. Alors pourquoi et de quel droit une telle affirmation désobligeante et jugeante pour celles et ceux qui pratiquent depuis longtemps, en francophonie, une relation d’aide compétente, documentée, biblique, fondée sur l’écoute et la conviction que chaque humain est appelé par Dieu à entrer dans sa destinée spirituelle ?

Un interview qui ranime un vieux débat !
Fâché : parce que cet interview ranime un vieux débat qui a déjà coûté tant de blessures et d’incompréhensions, tant de divisions et d’exclusivisme : d’un côté les « psy » et de l’autre les « spi ». Or ce débat, justement en francophonie, est totalement dépassé. Les complémentarités sont acceptées et même souhaitées, les ministères différents sont encouragés, mais surtout, un travail important de tri, de purification et de saine, pour ne pas dire sainte, utilisation de compétences thérapeutiques, a déjà largement abouti.

Bien sûr que des dérives existent du côté d’un humanisme qui envahit parfois l’Eglise et le monde évangélique, mais pas uniquement dans la relation d’aide. Que penser d’une forme de louange tournée vers l’humain « qui se fait du bien », d’une certaine approche sociale qui oublie l’évangélisation, etc ?

Mais ces dérives se trouvent aussi du côté d’une forme de spiritualité de l’immédiateté qui fait fi de la soumission mutuelle et qui favorise l’émergence de conducteurs qui sont en risque de se « gouroutiser ».

Je ne pense pas que Manfred cherche à favoriser la division, mais je suis étonné qu’il puisse se positionner de façon aussi tranchée face aux ministères existants sans même avoir pris le temps de les rencontrer, et qu’il puisse présenter « la relation d’aide finale » comme une nouvelle révélation qui s’oppose à d’autres pratiques, alors que c’est une approche connue de longue date dans le monde francophone.

Une rupture au goût de défaite
Triste : parce que la rupture proposée me donne l’impression d’avoir perdu un combat qui me tient à cœur depuis plus de 25 ans : développer, avec d’autres, en collaboration et soumission mutuelle, une relation d’aide spécifiquement chrétienne, qui soit fondée sur des principes, une anthropologie et une cosmologie bibliques. Une relation d’aide chrétienne qui fasse une large place au surnaturel et à l’irruption du Royaume de Dieu dans ce monde, selon la prière que Jésus nous a enseignée : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel… » Une relation d’aide chrétienne qui soit aussi capable de recevoir de la psychologie comme de la psychothérapie (et même de la psychiatrie), des compréhensions du fonctionnement et des dysfonctionnements de l’humain qui protègent des interventions dommageables, qui permettent d’éviter des liens de dépendance entre l’aidant et l’aidé, et qui mettent le plus possible à l’abri des abus, tant psychiques que spirituels.

Je suis sûr que Manfred est aussi dans ce combat, en réalité. Je ne comprends pas qu’il soit passé à côté de la possibilité d’ajouter toutes ses connaissances à celles des chrétiens qui œuvrent depuis longtemps dans ce champ en francophonie. C’est ce que font déjà certains de ses « disciples », je veux dire celles et ceux qui ont suivi de ses formations, et je m’en réjouis profondément.

J’aime la personne de Manfred et ce qu’elle apporte depuis très longtemps au corps du Christ. J’aurais du plaisir à lire ou entendre quelque chose de sa part, s’il peut accueillir ma réaction et comprendre ma blessure.

Thierry Juvet, conseiller en relation d’aide

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Comments

  1. Selon 2 Tim. 3.16, pensez que le St Esprit a besoin d’aide est une offense à Dieu. Tous ces livres et ses formations payantes qui voyent le jour ne son pas pour la gloire de notre Seigneur, mais pour le porte monaie et la gloire des hommes, quel tristesse !

  2. sanajosaam says:

    Merci Thierry pour cette réaction. Ne nous laissons pas décourager par des mots…le Seigneur bénit lorsque ses enfants recherchent sa volonté et se mettent à son service. Les fruits de tout ce travail d’accompagnement se voient dans les vies transformées, libérée par l’Esprit. Ayant eu le privilège d’y participer, je peux témoigner du soutien psychologique mais surtout spirituel qui se vit dans les entretiens et rencontres. La prière et les références à la paroles de Dieu sont clairement exprimées et encouragées.
    Notre Dieu père, fils et Saint-esprit n’a pas besoin d’aide, il aime collaborer avec ses créatures…

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