La bénédiction pour « couples homo » mise en place par l’EERV suscite nombre de questions

La décision du synode de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV), samedi dernier, de bénir les « couples partenariés » suscite de l’incompréhension auprès de nombre de chrétiens romands : catholiques, orthodoxes et évangéliques. Serge Carrel, pasteur et journaliste à lafree.ch, formule cette incompréhension sous forme de questions.

Voilà c’est fait ! L’Eglise évangélique réformée vaudoise célébrera des bénédictions pour « couples partenariés ». C’est ce qu’a décidé samedi dernier le synode de cette Eglise, rejoignant ainsi une dizaine d’Eglises réformées cantonales qui ont inscrit cette pratique au nombre de leurs offres pour accompagner les couples de même sexe.

Cette décision pose une série de questions

  • Tout d’abord, l’argumentaire théologique (1) proposé aux membres du synode par les partisans de cette bénédiction surprend. Les textes difficiles concernant l’homosexualité comme Lévitique 20,13 (« Quand un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ce qu’ils font tous les deux est une abomination ; ils seront mis à mort, leur sang retombe sur eux ») sont balayés d’un revers de main. Ce verset biblique ne viserait pas les relations homosexuelles. Vraiment ? De plus, il serait anachronique de « reprendre un texte provenant d’une civilisation qui accepte l’esclavage et qui ne connaît pas d’égalité entre les hommes et les femmes » (2). Est-ce vraiment ainsi que l’on peut traiter les textes bibliques qui nous dérangent ? Au XXIe siècle, la Bible serait-elle anachronique au point de ne plus constituer la source de l’éthique chrétienne ?
  • Le document des partisans affirme aussi que « la Bible est intrinsèquement, volontairement et joyeusement témoin de différentes manières qu’ont les humains de vivre leur couple » (3). Le couple hétérosexuel du XXIe siècle ne serait qu’une des variantes proposées par l’Ecriture. Bibliquement, les pratiques d’Abraham qui « prostitue » sa femme auprès de Pharaon (Genèse 12,15) ou celles du roi David qui commet un adultère avec Bethsabée (2 Samuel 11), constituent-elles vraiment des « modèles » conjugaux ? N’y a-t-il pas une progression dans la révélation biblique, qui amène Jésus à dire que le couple hétérosexuel monogame constitue le projet de Dieu pour la vie à deux, selon Matthieu 19 (v. 4-5) ?
  • Les théologiens qui défendent la bénédiction pour couples partenariés, plaident aussi pour le fait que « l’orientation sexuelle atypique n’est pas en soi un péché, de même que le fait de vivre concrètement sa sexualité (la pratiquer). La dimension du péché que signifie la coupure d’avec Dieu n’est pas liée à la sexualité comme telle, mais au mal ou à la violence que l’on pourrait subir ou faire subir dans ce cadre » (4). D’accord avec le fait que l’orientation sexuelle n’est pas en soi péché… Mais la pratique homosexuelle, comme la pratique adultère, pornographique ou sadomasochiste, n’est-elle pas de « l’ordre du péché », comme le souligne Jean-Jacques Meylan dans sa contribution stimulante au livre L’Amour mal aimé. Jésus l’ami des homosexuels (5) ?
  • La décision du synode réformé vaudois a fait peu de cas des relations aux autres Eglises, catholique, orthodoxes… et bien entendu évangéliques. Que deviendront les relations intraprotestantes avec une paroisse dont le ou la pasteur(e) aura été béni(e) dans son couple partenarié ? Les évangéliques accepteront-ils qu’un partenarié célèbre une cène ou préside un culte communs ?
  • Sous prétexte d’accompagner l’évolution sociale qui accorde un statut aux couples partenariés, l’Eglise réformée se targue de proposer une bénédiction en complément de la reconnaissance étatique. Est-ce vraiment la tâche d’une Eglise chrétienne de suivre de telles évolutions sociales, sous prétexte qu’elle se donne pour mandat d’être « l’Eglise de tous » ?

Contrairement à ce qui sous-tend le discours des théologiens partisans de la bénédiction pour couples partenariés, le Christ n’est pas « tout accueil ou tout amour ». En présence de la femme surprise en flagrant délit d’adultère (Jn 8, 1-11), Jésus résiste aux pharisiens lapidateurs en les invitant à considérer leur propre péché. Mais il résiste aussi au péché de la femme en invitant cette dernière à revêtir son statut de pardonnée, et à ne plus commettre de tels actes. Deux non, pour un oui ! Un oui à la personne, unique sanctionnée dans une société patriarcale ! Un oui qui résonne aux oreilles de tout être humain pécheur – infidèle à Dieu, voleur, égoïste, adultère… et homosexuel ! –toujours accompagné d’un non : « Va et ne pèche plus ! »

Le Christ n’est pas un sucre d’orge ! Il est l’interprète du projet de Dieu pour l’humanité, qui voit dans une relation homme-femme durable, l’horizon de la sexualité. Un horizon dont les chrétiens témoignent et qu’ils essaient d’incarner depuis 2000 ans… La tradition juive depuis plus longtemps encore !

Serge Carrel
Pasteur et journaliste

Notes

1) EERV, Vers une célébration pour les couples partenariés. Rapport du Conseil synodal au Synode des 2 et 3 novembre 2012. Ce document comprend une prise de position du Conseil synodal de l’EERV, une proposition de liturgies et les avis des partisans et des adversaires de la bénédiction pour partenariés. Plus d’infos.
2) EERV, Rapport en faveur d’un acte liturgique pour couples de même sexe, p. 20.
3) Ibid., p. 8.
4) Ibid., p. 17.
5) Andréa Ostertag et Jean-Jacques Meylan, L’Amour mal aimé. Jésus, l’ami des homosexuels, Genève, Dossier Vivre 24, Je Sème, 2011 (2e édition), p. 32.

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Comments

  1. Lüthi Marc says:

    Merci et bravo Serge de ton commentaire qui a le mérite de la clarté et d’être fondé bibliquement! Je souscris pleinement!
    Marc Lüthi

  2. Alain Normand says:

    Les protestants réformés ont franchi la ligne rouge… Cette dérive aura forcément des conséquences spirituelles. Quand des critères d’une société en perte de sens prennent le pas sur l’éthique livrée dans la révélation biblique, difficile d’être encore « sel de la terre ». Avec regret, certes, les évangéliques ne peuvent que constater, une fois encore, l’éloignement que les réformés suscitent au dépend des nombreuses tentatives d’ouverture pour une communion espérée.

  3. Merci et bravo pour cette saine mise au point qui fait honneur au respect dû à la Loi de Dieu et aux Ecritures.

    Menahem Macina

  4. Patrick Gianini-Rima says:

    Entièrement d’accord avec vous.
    La Parole de Dieu, après être passée depuis des décennies au laminoir de la méthode historico-critique – hélas aussi pratiquée par des théologiens évangéliques – n’est plus de nos jours, au mieux qu’une « construction » des premières communautés chrétiennes et, au pire, qu’un tissu de mythes et de légendes.
    Elle peut et doit donc s’adapter aux réalités d’aujourd’hui, et bien sûr l’intelligence humaine divinisée va s’y atteler: « Contre l’Eternel et son messie, brisons leur lien, et rejetons loin de nous leurs chaînes » (Psaumes 2). Mais Il rit, Celui qui siège dans les cieux, et Il envoie Ses jugements, qui commencent par l’Eglise. Paul nous avertit clairement: A tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité (la Parole), Dieu envoie une puissance d’égarement pour qu’ils croient au mensonge…((2 Thess. 2)
    N’est-ce pas ce qui – tragiquement – arrive, depuis quelques années déjà, à nos églises réformées et à certains de ses ministres et dirigeants ?

  5. Patrick,

    Vous avez fort bien rappelé la doctrine biblique et votre référence au Ps 2 est tout à fait pertinente. Je suis du même esprit.

    Que le Très-Haut vous bénisse.

    Menahem Macina

  6. L’endoctrinement religieux est tel que l’on se permet de trier ce qui a le droit d’évoluer et ce qui est  » aux yeux de Dieu » péché! Comment faites-vous? Est-ce une intuition? Pourquoi les femmes parlent-elles dans l’église si une lecture littérale de la Parole est essentielle? Pourquoi sommes-nous attachés à certains principes et laissons-nous d’autres aspects évoluer socialement? Et, Alain Normand, à quelles  » conséquences spirituelles » pensez-vous?

  7. Béatrice Gitera says:

    Bonjour,
    Je ne vais pas entrer dans des grands débats théologiques. Pour moi, l’église en tant que communauté… est une endroit phare où se raccrocher quand tout « fout le camp » autour de nous et que l’on se sait plus où regarder, à qui ou à quoi se référer. La décision de l’EERV sème la confusion dans un débat de société compliqué et complexe.

  8. Et ce n’est donc pas « juste »? Cette décision sème la confusion,, mais si elle soulève des questionnements et des remises en questions, cela veut-il dire qu’elle est à blâmer? Ce que vous dites confirme mon impression: nous préférons rester dans ce que nous connaissons, sans nous poser de questions. et je n’émets ici aucun jugement. C’est propre à l’homme d’aimer le confort et les repères, même s’ils devraient être repris et reconsidérés.
    Selon moi, une réaction comme la vôtre est caractéristique d’une réaction à un tel changement. Cela l’a toujours été. Au moment de décider que les femmes auraient le droit de vote (à un niveau politique), au moment d’admettre que les femmes ne rempliraient plus exclusivement ce rôle de mère au foyer; cela va au-delà d’un argument fondé sur les textes bibliques. C’est un phénomène social. Et je suis heureuse de voir que même au sein de l’église une forme d’hypocrisie peut être levée.

  9. Urs Saxer says:

    C’est les signes de la fin des temps, la direction que prend l’humanité le confirme d’année en année. Rester fidèle à nos valeurs, un défi pour l’avenir, auserons nous encore nous postitionner ? nous démarquer ? restons exeptionnel pour que dans la masse les personnes qui cherchent les vraies réponses pour leur vie en mariage trouvent les vraies valeurs et un encouragement à rester exeptionnel fondé sur la vérité.

  10. Faut il bénir les couples de pécheurs alors? Parce qu’on peut dire un oui sans un non

  11. Ma pensée est la suivante: Oui, la Bible soulève des questions quant’au péchjé de certaines personnes comme David, et elle est très claire au sujet des péchés que nous commettons tous. Mais la base de la Bible, et du christianisme, c’est le repentir, c’est accepter que nous avons péché, et demander le pardon de Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ,, puis de changer de route. Tout l’Evangile est empreint de cette notion; Va et ne pèche plus, est la parole clé du message de Jésus. A mon avis, si on laisse de côté cela, in peut alors déformer l’Ecriture à souhait, et elle se laissera plier à toutes les argumentations.
    Mais j’ai l’impression, après avoir entendu certaines affirmations, que mes arguments ne sont que pot de terre contre pot de fer!
    Je termine avec cette pensée: pourqoui une bénédiction à l’Eglise? Rosemarie

  12. L’église nationale montre une fois de plus que l’opinion publique est plus importante que la parole de Dieu.
    Dans ce contexte Je ne comprends pas pourquoi une majorité d’évangéliques veulent à tout prix collaborer avec les réformés et les catholiques. Ont-ils réfléchi aux conséquences de ces amitiés dangereuses Je suis absolument convaincu que beaucoup de protestants et catholiques ont compris et accepté la grâce de Dieu. Mais j’ai de la peine à m’imaginer comment il est possible de rester dans une institution qui déforme la parole de Dieu sans faire des concessions et compromis.
    Nous avons besoin d’une réforme qui replace la parole de Dieu au centre de nos discutions et relations. L’amour c’est aussi être vrai, dire ce qui ne va pas, au risque de froisser l’autre … L’amour ne cache pas la vérité. Imaginons un œcuménisme ouvert ou chacun a le droit, dans un esprit de critique constructive, de rendre l’autre attentif aux dérives théologiques et ecclésiastiques de son mouvement !? C’est dommage, tout ce temps perdu, ces convictions mises de côté pour une fraternité superficielle et souvent hypocrite.
    Ayons le courage de marcher à contre-courant, ce qui a depuis toujours été la vocation des chrétiens. Ayons le courage de tourner le dos à tout ce qui n’est pas dans le plan de Dieu. L’unité et la collaboration des chrétiens est primordiale, mais pas à tout prix. Elle doit se baser sur la parole et la volonté de notre Seigneur.

  13. « Père,

    Quel gâchis que cette déchéance humaine !

    De mon cœur, je place devant Toi tous les « homos » qui, pour suivre Jésus, ton Fils bien-aimé, portent leur croix
    (Matthieu 10:38 celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n‘est pas digne de moi. Luc 14 :27 Et quiconque ne porte pas sa croix et ne me suit pas, ne peut être mon disciple),
    font mourir les actions de leur corps
    (Romains 8:13 b si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez, 14 car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu.)
    au point de renoncer à pratiquer leur sexualité.

    Père,
    volontairement je désire aussi porter ma croix et faire mourir mes actions, mes paroles, mes pensées qui te déshonorent !
    Et si tu me fais rencontrer, ici ou là, un de ces « homos », je veux lui aider à porter sa croix, comme Simon de Cyrène (Matthieu 27 :32) l’a fait pour ton Fils, Jésus de Nazareth, mon Seigneur et mon Sauveur. »
    Amen

  14. Pensez-vous aussi que cette décision de la EERV est en fait un jugement de Dieu ? Personnellement, je le pense. Cette parole me revient « 1Pierre 4:17Car c’est le moment où le jugement va commencer par la maison de Dieu. Or, si c’est par nous qu’il commence, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent pas à l’Évangile de Dieu ? »
    Si on ne veille pas sur son cœur, si on ne veut pas se repentir, Dieu fait alors comme il avait fait au pharaon, dont le cœur s’endurcit toujours plus… !
    Que les brebis du Seigneur entendent Sa voix, c’est LUI qui les mènent dehors, car elles reconnaissent Sa voix ! Amen

  15. La paille et la poutre ….

    L’homosexualité me dérange, bien plus elle m’interpelle…
    Et tout spécialement l’homosexualité spirituelle !
    Si je comprends bien la définition de l’homosexualité, c’est aimer « pratiquer » avec des gens du même sexe que moi.
    Alors nous les évangéliques on a fortement tendance à cette homospiritualité, c’est à dire, qu’on aime pratiquer la spiritualité essentiellement avec ceux qui croient exactement comme nous on croit.
    D’où la condamnation de ceux qui dévient un peu ou beaucoup de nos convictions.
    D’où le nombre plutôt important d’églises qui se divisent, parce qu’une partie est « dans l’erreur ».
    D’où la recherche de la bonne église, quitte à faire des dizaines de km (vraiment utiles à la gloire de Dieu ?) pour la fréquenter.
    D’où l’oubli du commandement le plus important, aimer, aimer Dieu, aimer l’autre, aimer surtout celui qui est différent, au profit d’une spiritualité égoïste.
    Cela n’est pas aussi une allégeance au monde d’aujourd’hui ? une manière de se soumettre à l’opinion publique ?

    Revenons premièrement au Commandement de Dieu, ensuite on pourra commencer à discuter des prises de position des autres. Mais là on prend un risque, c’est que l’Amour transforme nos croyances qu’on pensait indéboulonnables.

  16. Merci à Serge Carrel pour ce texte écrit sous forme de questionnement qui permet ainsi d’exprimer un désaccord de manière paisible. Cela donne un peu de civilité à une discussion qui en manque souvent cruellement dans notre monde évangélique francophone.
    La logique des propos de Serge semble incontournable aussi longtemps que l’on considère l’orientation homosexuelle comme appartenant au domaine du péché par rapport à une norme créationnelle hétérosexuelle.
    Je me risque à signaler l’existence d’une aile évangélique dite progressiste aux USA qui se distancie de ce présupposé et qui s’engage vers la reconnaissance du couple homosexuel pour autant qu’il soit construit sur les mêmes valeurs d’alliance et de fidélité que le couple hétérosexuel. Trois exemples pour illustrer cette tendance :
    – Brian McLaren, auteur bien connu traduit en français et figure de l’église émergente, a lui-même célébré en septembre dernier une cérémonie de bénédiction de mariage gay pour l’un de ses fils (http://blog.christianitytoday.com/ctliveblog/archives/2012/09/brian_mclaren_l.html).
    – Justin Lee, auteur et blogueur (http://gcnjustin.tumblr.com/). Il est également le directeur de « The Gay Christian Network », une association dont l’originalité est de regrouper en son sein des chrétiens de deux tendances. L’une plus traditionnelle (le célibat est le chemin de vie offert aux homosexuels) et l’autre plus progressiste (l’homosexuel est appelé aux mêmes normes de fidélité qu’un hétérosexuel).
    Dans cette association, le passage d’une identité homosexuelle vers une identité hétérosexuelle n’apparaît pas comme une option. Cela reflète un changement de paradigme illustré par l’évolution de l’association Exodus (pionnière des thérapies dites de transition d’une identité homosexuelle vers une identité hétérosexuelle) dont le directeur, tout en gardant une position conservatrice sur l’homosexualité, a déclaré que ces thérapies ne fonctionnaient pas dans la réalité (http://www.nytimes.com/2012/07/07/us/a-leaders-renunciation-of-ex-gay-tenets-causes-a-schism.html?pagewanted=all).
    – A un niveau plus académique, J. R. Daniel Kirk, professeur assistant de Nouveau Testament à « Fuller Theological Seminary », propose, dans son ouvrage « Jesus Have I Loved, but Paul ? » et dans le chapitre « Homosexuality under the Reign of Christ » des arguments exégétiques et herméneutiques qui pourraient permettre d’aller vers une acceptation d’une union stable et fidèle entre deux chrétiens homosexuels.
    (http://www.amazon.com/Jesus-Have-Loved-but-Paul/dp/080103910X/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1352620857&sr=1-1&keywords=jesus+have+i+loved+but+paul).
    En conclusion, l’avenir dira si cette tendance dite progressiste trouvera un pied- à- terre dans le monde évangélique francophone où, au contraire, si l’opposition à ce qui est considéré aujourd’hui comme une dérive, continuera d’être un des marqueurs de l’identité évangélique.
    Christian Mairhofer.

  17. Dans ce cas, si nous ne souhaitons pas accorder aux homosexuels l’accession à un rite (qui n’est ni une bénédiction, ni une reconnaissance de mariage), ne devons-nous pas revoir la bénédiction de mariage des couples hétérosexuels, puisque ceux-ci sont aussi tous pécheurs? Et en fait, sur quoi repose la bénédiction de mariage bibliquement? Si mon mariage n’avait pas été béni par un pasteur, celui-ci serait-il non valable, ou non reconnu, ou même non béni par Dieu? Ou alors, est-ce juste une tradition humaine, qui ne repose justement, que sur la tradition? Et finalement, en quoi cela dérange-t’il de passer un moment avec les couples homosexuels et leur famille autour d’un verre, dans les locaux d’une église (puisque la maison de Dieu, c’est l’Eglise, donc nous, et non un bâtiment), et d’avoir la possibilité de leur apporter la bonne nouvelle de Jésus, sans pour autant reconnaître leur mariage (puisque déjà l’état de le reconnait pas), mais simplement les accepter tels qu’ils sont, même si ils sont en couple partenarié? Et que faisons-nous de tous ces chrétiens homosexuels, qui vivent peut-être caché parce qu’on montre ce qu’ils sont du doigt? Et que dire de ces homosexuels, qui s’avance pour que l’on prie pour eux, parce qu’on leur a bourré le crâne avec cette fausse croyance qui juge ce qu’ils sont comme étant une maladie, mais qui ne sont pas délivrés ce cette soit-disant maladie.
    Plus que des arguments théologiques, voilà les questions que je me pose suite à cette décision. Et à titre personnel, plus que nous amener à prendre position, je pense que cette décision devrait nous amener à nous remettre en question! La théologie contre l’évangile? Je ne sais pas…mais je me le demande!

  18. Vidoudez Pascal says:

    Au travers de certains commentaires, nous voyons bien les tendances qui se dessinent au sein de la FREE.

    Il semble dès lors qu’il y a des « maillons » qui semblent ne pas être tout à fait contre d’un office sous une forme à définir pour les couples homosexuels.

    Pour faire un tour différent de la question, il est intéressant de lire un essai. Celui qui a été écrit sur le « Mariage homosexuel, l’homoparentalité et l’adoption : ce que l’on oublie souvent de dire ».
    http://www.grandrabbindefrance.com/mariage-homosexuel-homoparentalit%C3%A9-et-adoption-ce-que-l%E2%80%99-oublie-souvent-de-dire-essai-de-gilles-bern

    En effet, le débat fait également rage en France où les mairies sont appelées à bénir l’union homosexuelle. (la Suisse ayant pris un train d’avance sur bon nombre d’autres pays européens).
    En France, les églises catholiques, protestantes et les communautés musulmanes et juives se sont opposées à cette loi. Certains maires refusent d’ailleurs de l’appliquer.

    Même si une partie de l’essai proposé pour lecture ne concerne pas encore la Suisse ou est en aval du débat qui secoue et divise l’EERV, vous y trouverez des constats surprenants et percutants.
    Dire la vérité avec amour, c’est bien aussi ce que l’apôtre Paul, «ce pharisiens, fils de pharisiens », écrivait dans sa lettre aux Ephésiens, chapitre 4.

    Peut-être que si nos communautés d’églises (EERV, La FREE) existaient au moment où cette lettre a été écrite, Paul nous l’aurait adressée : l’unité du corps, le fait de vivre dans la lumière dans nos relations entre FEMMES ET MARIS, enfants et parents, esclaves et maîtres, dans les armes que D.ieu nous donne sont des constances dans la Bible, de la Genèse à l’Apocalypse.

    Amitiés fraternelles. Un cordial shalom.

    Pascal Vidoudez-Décoppet

  19. En fait, au delà de la position théologique, ce qui m’intéresse, c’est ce que cela implique concrètement. Parce que là, Serge, tu synthétises brièvement quelques fondements bibliques, Pascal nous donne le lien vers un récit qui a l’aire intéressant et que je vais lire avec attention, Christian, des liens vers des pages en anglais qui ont l’air aussi intéressantes aussi(malheureusement, je ne parle pas anglais)etc…

    Mais concrètement, maintenant, tout ça on en fait quoi, dans la vie de tous les jours? Je veux dire, aujourd’hui c’est l’EERV qui est confronté à cela. Mais moi à l’Armée du salut, vous à la FREE, quelle réaction adopterons-nous vis-à-vis des personnes homosexuelles concernées. Parce que là, on fait de la théologie entre nous, mais quand il s’agit de mettre en pratique, exit la théorie!

    Dieu ne change pas, il reste le même. Mais l’église n’est pas DIeu, et elle doit quand même évoluer, se remettre en question, et s’adapter, sans pour autant se disperser. Alors la question que je pose, c’est: si tant est que vous soyez contre cette décision de l’EERV (je le suis personnellement), quels moyens proposez-vous, ou comment le nuanceriez-vous, pour faire bouger le statu quo de l’Eglise, vis-à-vis des couples partenariés?
    Et si le statu quo demeure, pourquoi?
    Et quelle attitude adopteriez-vous, face à une telle demande, d’une personne chrétienne et homosexuelle (oui oui il y en a)?

    Les sujets sensibles comme celui-ci, l’Eglise les a trop souvent balayé sous le tapis d’un bon coup de balai pour qu’on en parle pas trop, et résultat aujourd’hui: l’Eglise a de la peine à communiquer… Et personnellement, en tant que peut-être futur responsable de communauté, j’ai besoin d’en parler pour pouvoir me forger une opinion réfléchie, qui va au delà de la théologie, et qui verse dans la pratique. Il y a un pas entre l’étude et la pratique, comme pour tout. Maintenant si je suis à côté de la plaque, ne vous gênez pas pour me le faire remarquer :)!

    Pour information, voici comment cette info a été traité par les chroniqueurs de Couleur 3. On peut s’en affliger, ou constater les dégâts d’une mauvaise communication (passée) de l’Eglise, qui a des répercussions aujourd’hui. Je dois avouer qu’ils ont réussi à m’arracher quelques sourires, et rires, même si ils vont très (trop?) loin à la fin de la vidéo et qu’ils versent un peu trop dans le cliché. M’enfin, c’est ça qui fait rire les gens:

    Fraternellement
    Jérôme

  20. Christian Bonjour says:

    Merci à Serge Carrel pour cette prise de position qui a l’immense mérite d’être parfaitement clair. Notre monde perd ses repères, cela n’est pas nouveau, mais si l’église chrétienne se met à dériver sous prétexte de se mettre en accord avec les nouvelles valeurs que notre société veut nous imposer, alors… Venant des milieux évangéliques et ayant intégré récemment l’église réformée du canton de Neuchâtel, j’ose espérer que celle-ci ne suivra pas le chemin emprunté par l’EREV.

  21. Pourquoi se marier à l’Eglise ? Je m’interroge sur ce besoin de reconnaissance. Pour moi il s’agit d’un retour en arrière ou l’on confondait Église et pouvoir temporel. C’est le mandat de l’état de se prononcer, ce qui a été fait avec le PACS.

    La mission de l’Eglise est d’accueillir chacun sans nécessairement « bénir » des choix particuliers. Cependant, je m’interroge concrètement sur la notion d’accueil, comme nombre d’entre vous.

    Au sein de nos Eglise, je suis perplexe sur cette difficulté que nous avons à articuler amour et vérité.
    Les questions d’interprétation (contexte,…), ou tout l’amour que j’ai pour une personne, n’effacent pas la réalité de ce qui est « d’ordre créationnel » et de ce qui ne l’est pas.

  22. Merci Serge. Prendre une position telle que la tienne va probablement te faire perdre quelques amis. Mais plein d’autres vont apprécier ton courage. Je fais partie de ces derniers. Dieu te bénisse.

  23. serge Rossel says:

    Ce genre de problèmes dans l’Eglise me laissent parfois très perplexe . La Bible nous dit qu’il n’y a qu’un seul Esprit, l’Esprit de vérité, qui nous conduit dans toute la vérité. Comment cet Esprit peut-il conduire les chrétiens ( sensés être remplis de cet Esprit ) dans des interprétations si différentes ?
    N’y a-t-il pas, de tous temps, la tentation pour l’Eglise d’élargir la porte qui est sensée être étroite ?

  24. Mais… ???? Si Dieu dit « non », c’est non, non ? Sur le fond la question est réglée, il me semble. Sur la forme, pour être concret, je ne peux pas cautionner une forme quelle qu’elle soit, de couple en dehors de celle voulue par Dieu. Il me reste la liberté, le privilège et si j’ose, la responsabilité de mes relations avec les personnes homosexuelles, qui vivent en union libre (!) , etc. Que Dieu nous pousse à rester dans sa perspective : non au péché, oui au pécheur…

  25. Christian Favre says:
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